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Baron Noir saison 2: le retour du Machiavel du Nord

Baron Noir Elysée.jpgLa saison 1 a vu la chute du Baron Noir***, Philippe Rickwaert, député-maire du Nord (campé par Kad Merad), pour détournement de fonds.
La saison 2, lancée lundi dernier sur Canal+ en France, le voit tenter de se relever et de remonter au sommet.
A priori, il a tout perdu: il est inéligible et son compte en banque est vide alors que se profile son procès. Mais l'homme qui ne vit, ne mange et ne dort que pour la politique, a conservé cette rage de vaincre qui tient en respect ses partisans comme ses détracteurs.

L'ancien militant de Dunkerque, charismatique conseiller de l'ombre qui hante le coeur de l'Elysée, jure qu'il n'a pas changé : il a conservé ses valeurs de gauche, son bagout et ses réflexes de grand stratège. Le mensonge (de haut vol) en prime.

Avec l'élection présidentielle qui se profile – elle oppose Amélie Dorendeu, jouée par Anna Mouglalis, candidate du Parti socialiste, à Lionel Chalon (Patrick Mille), candidat du Front national -, la série va à nouveau aborder la question de la solitude du pouvoir, de la force du langage politique et du poids des institutions.

Baron Noir gauche.jpgLa série va aussi se pencher sur de nouveaux personnages épris ou aigris par la politique, dont le fondateur de «Debout le peuple» Michel Vidal, incarné par un François Morel (photo) qui offre un troublant reflet au parcours de Mélenchon. Brexit, parcours de Mélenchon et de Macron, terrorisme: les références ne manquent pas dans cette saison 2

La suite est connue : une campagne plus vraie que nature avec l'impossible union des gauches et les sempiternels débats sur la laïcité sur fond de terrorisme et de montée du Front national…
Sans oublier la Loi santé ou la question de la modification de la carte scolaire. Effet de réalisme imparable pour cette série pensée façon Machiavel face à Spartacus, Brutus et Néron. Nourrie de références historiques, elle fait son miel des tensions et grands discours du passé adressés à la Nation.

La fiction rattrapée par le réel

Ecrite dès février 2016, avant même qu'Emmanuel Macron ne soit candidat, la saison 2 de Baron Noir est à plusieurs moments rattrapée par la réalité. L'écriture et le tournage (achevé à l'été 2017) se sont abondamment nourri de l'actualité.
Baron Noir mentor.jpgMais le scénario d'Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon a imaginé l'implosion du parti socialiste français avant même qu'elle n'ait eu lieu.

"Quand nous avons commencé à écrire, on sentait qu'il allait se passer quelque chose car le système était à bout de souffle. On a choisi qu'il explose. Cela a été le cas dans la réalité, d'une façon très différente" ont confié les deux auteurs dans la presse française.

Pour accroître encore cet effet de réel, des journalistes vedettes jouent leur propre rôle dans la série (Anne-Sophie Lapix, Patrick Cohen, Léa Salamé,…) tandis que Rickwaert, dans l'ombre, continue à déployer ses redoutables pièges de prédateur politique.

Calculs politiques et tactiques de vote, chantages et batailles des égos, Baron Noir sonde les coulisses de l'Elysée et de Matignon avec délectation. Servie à l'image par la réalisation de Ziad Doueiri, la série de Canal n'est pas à court de scénarios et prépare déjà sa 3e saison.
L'ouverture des joutes du 2e round est attendue le 10 mars sur Be TV.

KT

Lien permanent Catégories : France, Nouveautés, Politique, Psychologies - Moeurs 1 commentaire 1 commentaire

Commentaires

  • J'ai regardé les deux saisons (avec l'attente grandissante entre la une et la deux) et j'ai été surpris par l'inégalité entre les deux saisons.
    La première annonçait quelque chose de neuf, de frais, en accord avec son temps.
    Avec la saison deux, les créateurs ont clairement été rattrapés par le réel et ont fait au mieux pour la rendre crédible (éclatement du PS, "macronisation" du gouvernement, Mélenchon, et même petit clin d'oeil à Chirac en dissolvant l'assemblée nationale). Or force fut de constater un certain manque de rythme dans la série et dirais-je un certain manque de souffle.
    Un manque également d'audace dans l'appréhension de l'extrême-droite qui est lissée et sous-exploitée.

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