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Issaka Sawadogo: acteur et passeur de culture d'Oslo à Ouagadougou

Issaka Sawadogo.jpgMembre du jury longs métrages au Fiff (Festival international du film francophone de Namur), qui ouvre ses portes ce vendredi, Issaka Sawadogo navigue entre théâtre, cinéma et séries. En deux années, l’acteur est aussi passé du pays le plus riche – la Norvège où il a résidé durant 22 ans –  à l’un des plus pauvres au monde, le Burkina Faso. Un retour aux sources qui le voit multiplier les projets au service de la culture sur la terre de ses ancêtres.

L’homme est taillé dans un tronc. Du bois d’ébène, bien sûr. Sa carrure et sa haute stature lui assignent des rôles de types peu amènes, souvent patibulaires. Dans Guyane, la série de Canal+ (à revoir dès le 2/10 sur Be TV), il est Louis, bras droit d’un chercheur d’or. Un barbouze à qui personne ou presque ne parvient à décrocher un sourire. Dans Maroni, série présentée au Festival de la fiction TV de La Rochelle, à découvrir en 2018 sur Arte, il est le commissaire Koda, homme fort et flic intraitable tentant de garder son collègue loin des abysses où l’entraîne son enquête.

"Ils m'ont surnommé le maire de Guyane"

17_47_25_248760217_GUYANE-Episode2.jpgA la ville, Issaka Sawadogo est un quinqua souriant et même charmant. Une montagne mue par un profond désir de partage et de transmission. C’est pour cette raison qu’il a multiplié les ateliers et rencontres lors de ses deux séjours, de neuf mois au total, dans les Antilles françaises, pour les besoins de ces deux séries télévisées successives. Une population avec laquelle il a établi une “connexion particulière”, comme s’il avait toujours vécu là-bas. Passant dans les classes, il a discuté avec élèves, professeurs et parents des opportunités à saisir pour ce territoire qui n’a de français que le nom. Au point que le comédien a été surnommé “le maire de Guyane” en raison de ses actions visant à doper le développement et la réputation du pays.

Ce goût du partage et de la découverte façonne Issaka Sawadogo depuis des années. Depuis qu’il a été repéré par le Théâtre National de Norvège et a accepté de partager sa vie entre Oslo et Burkina Faso. Après ce long séjour en Europe du Nord (22 ans tout de même), il s’est réinstallé à Ouagadougou. Il y poursuit son travail auprès des comédiens burkinabés, sans oublier ses attaches européennes, aux Pays-Bas, en France et en Belgique. Car c’est le film de Marion Hänsel qui l’a propulsé sur le devant de la scène internationale. “Si le vent soulève les sables” l’a mené ensuite vers Nicolas Provost (“The Invader”) puis Olivier Nakache et Éric Toledano (“Samba” aux côtés d’Omar Sy) ou Joost Van Ginkel “The paradise suite”, des films qui abordent frontalement la question des migrations. En juin dernier, il a d'ailleurs été primé au Nederlands Film Festival (Nedfilmfestival ou NFF) pour son rôle dans ce long métrage (voir photo du dessous).

Des projets en séries

A force de séjourner en Europe et de voyager dans les festivals, l’envie l’a taraudé de créer un Festival de séries africaines rattaché au célèbre Festival panafricain du cinéma (Fespaco) de Ouagadougou. Un projet pour 2018 développé en partenariat avec le Festival “Série Series” de Fontainebleau.

17_47_27_316930022_BELGAIMAGE-120786247.jpgDessein qui s’ajoute à deux autres déjà menés à bien : la création, en 1996, du Cito, Carrefour international du théâtre de Ouagadougou, un des grands théâtres indépendants de l’Afrique de l’Ouest. Et le réseau Kangourou, né en 2011 : une école maternelle et une école primaire où l’éducation à la culture est introduite par la pratique. Son but ultime est la création d’une Académie des Beaux-Arts mais pour cela, il faut poser les jalons d’une “formation artistique complète”, d’où la nécessité de commencer dès le plus jeune âge.

Autodidacte, Issaka Sawadogo croit à la force des ateliers et master classes pour améliorer la formation des comédiens et réalisateurs de Ouaga afin de s’imposer face aux géants audiovisuels de la Côte d'Ivoire et du Nigeria. Ce parcours de formation, il le soigne entre deux tournages, regrettant de n’avoir pas suffisamment de temps pour retourner fouler les planches.

En guise de clin d'oeil, nous lui avons demandé de nous parler de la toute première série qui s'est imposée à lui, voici sa réponse...



Karin Tshidimba, à La Rochelle

nb: Cette note, la 850e de ce blog, marque aussi le 5e anniversaire de La loi des séries, merci à tous pour votre fidélité...

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