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A La Rochelle, la fiction redessine le "cinéma du milieu"

Chewing-gum.jpgEn prise avec les questions sociales qui nous entourent et qui ont interpellé son Jury, la sélection 2016 du Festival de la Fiction TV a fait la part belle à l'innovation.

Organisé samedi matin par l'association française des critiques de séries (ACS), un débat a pointé le recul de la comédie sur le front de la production française. Sous le titre «Fini de rire ?», il a souligné le contexte compliqué (de crise et financier) dans lequel évoluent nombre de scénaristes et de producteurs aujourd'hui. On le sait, l'humour est un art difficile qui requiert un savant dosage de pertinence et de délicatesse, et reste sous l'influence directe de l'air du temps. Le contexte actuel ne prêterait plus à sourire... Même si la situation n'est pas simple, la réponse, elle aussi, est bien plus nuancée.

Si le règne du polar a marqué l'édition 2015 du Festival de la Fiction de La Rochelle, cette 18e édition qui s'est clos hier soir à La Rochelle a été marquée sans surprise par les problématiques sociales et sociétales qui peuplaient jusqu'ici la cinématographie «du milieu» comme l'appelle Pascale Ferran. Ni blockbusters, ni films intimistes mais des récits personnels au service de la collectivité. Harcèlement, surendettement et conflits familiaux, des thèmes sérieux qui n’excluent pas le rire et que l'on retrouve désormais en télévision.

No Brexit here

Le prix coup de coeur du jury revient à la brillante série de Channel 4, Chewing Gum (photo du haut) au sein de laquelle Michaela Coehl tient le rôle de femme orchestre à la fois scénariste, actrice principale et productrice de cette plongée unique dans la vie d'une jeune adulte aussi immature qu'épatante.

Faisant fi du Brexit, le jury a également accordé un prix spécial à une autre série britannique The A word (BBC) qui suit le quotidien d'une famille élargie découvrant l'autisme de son petit dernier. Un mélange détonant d'humour, de tensions et d'émotion qui révèle que Joe, 5 ans, n'est pas le seul à souffrir de problèmes de communication.
Quant au titre de meilleure fiction européenne, il échoit à la bluffante reconstitution proposée par la mini-série allemande Ku'damm 56 (ZDF).

les grands OCS.jpgTank sacrée meilleure websérie récolte également le prix de la meilleure réalisation toutes catégories confondues ce qui a fait des heureux dans le camp de Canal+ (c'est une production Studio Canal) mais aussi provoqué quelques grincements de dents chez tous ceux qui ne disposent pas du même budget pour leurs projets en ligne et ceux qui s'étonnent de voir saluer une réalisation singeant des classiques du cinéma US. Mais que serait un festival sans une petite polémique ?

Pas d'étonnement en revanche face à l'avalanche de prix qui a déferlé sur Les Grands production OCS qui rafle le prix du jeune espoir féminin, décerné à Adèle Wismes par l'Adami, le prix du Jury des Collégiens et le titre de Meilleure série en 26 minutes (photo ci-dessus).

Côté masculin, le jeune espoir récompensé par l'Adami est Alexandre Philip de la série Vestiaires sur France 2. Vous les femmes, produit par M6, est sacré meilleur programme court. Et le titre de meilleure série récompense Glacé de Laurent Herbiet également produite par M6.

La lutte des pères et des mères

Dans les formats longs, le prix de la meilleure interprétation féminine salue le jeu solaire de Barbara Schultz dans Nadia et la part tourmentée d'Armelle Deustch dans Harcelée : les deux facettes des femmes en lutte terminent ex-aequo. Et ce n'est pas tout: le prix du meilleur scénario récompense le travail de Nathalie Kuperman, Raphaelle Roudaut et Virginie Wagon toujours pour "Harcelée" (France 2).

box 27.jpgLa lutte des pères n'est pas oubliée avec la fiction Box 27 coproduite par la RTBF et France 2 (photo).
Elle hérite en effet de trois prix: meilleure interprétation masculine pour Eric Elmosnino, meilleure musique pour Fabrice Aboulker et prix spécial du jury.

Enfin le prix du meilleur téléfilm récompense le jeu complexe et nuancé de Frédéric Pierrot et Valérie Karsenti, couple en souffrance dans Tuer un homme, une fiction produite par Arte qui recueille avec soin les points de vue de tous les protagonistes de ce drame.

KT, à La Rochelle

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