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Il faut s’inspirer du "cercle vertueux" de la fiction scandinave

acquitted.jpg"Notre système audiovisuel serait-il un astre mort ? […] Ce ne sont pas quelques belles hirondelles sur Canal+, Arte ou OCS qui ont suffi à annoncer le printemps de la création française. Malgré les notables et encore très fragiles succès d’audience en prime time que nous constatons enfin (Disparue, Les Témoins, NdlR) […] et "face à la nouvelle concurrence des plateformes internationales", il est temps d’agir.

Intitulé "Que les diffuseurs se réveillent", cet édito d’Alexandre Michelin, président du comité de sélection du Festival de la fiction TV - également publié sous forme de carte blanche dans "Le Monde" -, n’a pas manqué de secouer les mâts des vigies des chaînes françaises alors que s’ouvrait la 17e édition du Festival à La Rochelle.

"Pour qu’une nouvelle vague de la fiction se lève en 2015 comme celle qui réinventa le cinéma français des années 60, il faudra combiner à la fois un saut créatif, une audace de production, une écriture et une révolte collective contre l’académisme", insiste-t-il.

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Impossible ? Pas vraiment, argumente-t-il, en pointant les fictions danoise, anglaise, israélienne ou turque qui "vivent un véritable âge d’or". "Les exemples scandinaves nous montrent qu’avec un budget restreint (800 000 euros par épisode), des séries peuvent traverser le monde et surtout qu’avec un ancrage national fort, on peut réaliser des scores d’audience considérables localement." Acquitted montrée mercredi soir en ouverture du Festival a connu un record d’audience non seulement en Norvège mais aussi en Suède. "Des adaptations sont en cours et ils travaillent actuellement sur la saison 2, avec audace et pragmatisme." 
Cela signifie, notamment, qu'à chaque étape de la production "la faisabilité et les meilleurs solutions pour encadrer les coûts sont recherchées", poursuit Alexandre Michelin qui a longuement discuté de la question avec ses invités norvégiens. Il est vrai qu'avec 660 000 téléspectateurs et 38,8% de parts de marché, on peut penser que la suite sera attendue et que le modèle mérite que l'on s'y intéresse. Une success story qui rappelle celle de Borgen (Danemark) ou de Bron (Suède) avant elle.

Alexandre Michelin appelle dès lors les donneurs d’ordres "à prendre avec les artistes et les créateurs, le risque économique et financier du renouvellement". Rappelant que c’est cette capacité qui a jadis fait leur succès. "Sinon nous risquons de fragiliser un secteur industriel qui emploie 150 000 personnes en France. Et nous risquons de perdre notre place dans le monde de l’imaginaire", alors même que les exportations de programmes audiovisuels français ont pris de jolies couleurs en 2014, avec une croissance de 12,1 % (atteignant 153,8 millions d'euros). Comme l'a révélé, en début de semaine, le rapport établi par TV France International et le CNC.

Alexandre Michelin croit dans le cercle vertueux qui fait que "si on réinvestit dans la fiction, le public répond et que cela donne l’envie (et les moyens financiers, NdlR) de raconter de nouvelles histoires."
"La grande leçon de ces producteurs scandinaves est qu’il faut inventer. Même si elle est formidablement ancrée dans les fjords, Acquitted parle de la mondialisation et ça, ça touche tout le monde forcément. Car on n’exporte bien que ses clichés. C’est la leçon d’un film comme "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain": le monde entier a été séduit par cette histoire qui incarnait un peu le rêve de la France."  Et qui devenait universelle, à travers l’évocation des rêves et désirs d’une jeune fille de Montmartre.

KT, à La Rochelle

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