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Simon Baker, l'homme derrière The Mentalist

the mentalist.jpgA l’image de son personnage de Patrick Jane alias The Mentalist, Simon Baker ne s’en laisse pas compter. Face au succès international de la série (16 millions de fans rien qu'aux Etats-Unis, pour la première saison), il garde la tête froide. D'autant qu'avec le temps, les audiences se sont tassées.
Un peu sur ses gardes, mais sans faux-semblants, l’acteur parle de ses choix, ses défis et ses envies, bien au-delà de l’icône médiatique que son rôle de Patrick Jane a façonnée.

Venus en nombre pour sa première grande sortie en juin 2010, lors du Festival de Monte-Carlo, les journalistes s'interrogeaient: crâneur ou effacé l'interprète du Mentalist ? A le voir camouflé derrière ces lunettes à grandes montures noires, on se dit qu'il entretient un rapport ambigu à la notoriété...
“J’ai certainement un sens de l’humour subversif comme Patrick Jane. Comme tout acteur, il y a des parts plus ou moins larges de ma personnalité qui apparaissent dans ma façon d’interpréter “The Mentalist”. On n’est pas tous en connexion avec les capacités qu’il possède, mais l’empathie permet d’entrer en contact avec les gens. Quant à sa relation avec l’agent Teresa Lisbon, entre jeu de pouvoir et de séduction, tout suggère une relation qui pourrait évoluer de manière romantique mais rien n’est défini…” souligne Simon Baker (sourire énigmatique connu).

 

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
Lorsque ma femme a lu le script, elle m’a dit que le personnage féminin (Lisbon) était plus développé que le masculin (P. Jane). Donc je l’ai lu, pour me faire ma propre opinion. Difficile de dire ce qui définit un rôle parfait, mais le fait que tout ne soit pas écrit et que je puisse développer ma propre vision en fait partie. Parce que cela me permet de me sentir impliqué.Travailler avec Bruno Heller est un plaisir : il m’a donné beaucoup de liberté et de matières sur lesquelles travailler. Et j’ai mis la pression sur les scénaristes pour qu’ils créent des situations intéressantes pour Jane. Après le pilote, nous avions créé un personnage suffisamment riche pour qu’il puisse aller dans de nombreuses directions. J’improvise souvent sur leurs idées de scénario lorsqu’elles sont claires sur le papier.

Comme l’ont noté certains fans, Patrick Jane est loin de rouler dans une voiture ordinaire.
the mentalist 3.jpgJ’étais impliqué dans le développement du personnage et ils m’ont posé la question de la voiture, car ils avaient un deal avec GM. J’ai tout de suite dit que je ne pensais pas que Patrick Jane conduirait une voiture neuve et j’ai ajouté que, personnellement, je choisirais une Citroën DS. J’ai toujours aimé cette voiture à la fois inscrite dans son époque et au look jurassique. C’est une voiture post-moderne. Ils ne la connaissaient pas car ces voitures sont très rares aux USA.

 

On peut tirer beaucoup de parallèles entre les séries “The Mentalist” et “Lie to me” ?
C’est vrai que quand on compare les histoires, il n’y a pas tant de différences. On dit souvent qu’il n’y a que sept grandes familles d’histoires, au cinéma aussi. Tout dépend de la façon de les raconter. Mais le ton du show est très différent. Il y a aussi des ressemblances avec la série “Psych” plus parodique que “The Mentalist”, qui reste une série d’enquête criminelle avant tout. C’est comme interpréter une chanson, ou une blague, chacun le fait différemment. “Lie to me” est plus sérieuse, plus “honnête” et les personnages sont vraiment définis autrement.

Quelle filiation voyez-vous avec “The Guardian”, votre précédent rôle en télévision ?
the guardian.jpgLes deux personnages sont plutôt complexes, mais il n’y avait pas d’éléments humoristiques dans “The Guardian” ("Le protecteur"). “The Mentalist” est plus fascinant et il y a plus de directions à explorer, c’est donc un plus grand challenge pour moi.
Dans cette 2e saison, une nouvelle responsable entre en scène qui rivalise avec Patrick Jane sur le plan intellectuel. Je pense qu’il aime la façon qu’elle a de le défier et de tenter de le manipuler. C’est une mécanique intéressante en tout cas. Je me suis aussi beaucoup interrogé sur la pérennité de John le Rouge mais je me posais la même question avec “Le Fugitif”. C’est sûr que Red John est central par rapport à la raison d’être de Patrick Jane : c’est la chasse qui rend le sujet excitant. Je ne sais pas ce que les scénaristes vont faire. Je pense que le public s’intéressera toujours à Patrick Jane, même lorsqu’il aura attrapé John le Rouge; il aura besoin d’une autre motivation, mais la série apportera la clé de ce mystère.

Avez-vous reçu d’autres propositions pour le cinéma depuis le succès de la série ?
Oui, mais rien qui m’ait boosté à part “The killer inside me” de Michael Winterbottom. A présent tout doit aller vite en terme de succès. NCIS est devenue célèbre au bout de quatre saisons seulement. Or aujourd’hui la patience n’est plus de mise, il y a donc davantage d’échecs et d’annulations. J’ai déjà vécu ce type de mauvaises expériences… J’aimerais travailler avec des acteurs pour lesquels j’ai beaucoup de respect. Pour apprendre à leur contact, comme cela a été le cas avec des réalisateurs comme Martin Scorsese, même si je ne l’ai croisé que le temps d’une publicité. Je suis trop petit et sans doute trop vieux pour interpréter James Bond. Ou alors la version working class de James Bond (rire). J’aimerais incarner Ernest Hemingway car j’admire cette façon si précise et économe qu’il avait d’écrire, lui qui était si… viril, imposant. Ce contraste me fascine, c’est difficile de dire cela sans avoir l’air narcissique. Et puis, je suis trop petit pour le rôle…

Nettement moins sûr de sa carrure (professionnelle) que son personnage ne le laissait présager, la discrétion de Simon Baker ne l’empêchera pas de passer à la réalisation de l'un ou l'autre épisode à partir de la saison 3.
KT, à Monte-Carlo (juin 2010) 

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