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Les multiples facettes de Margaret

Kelly Macdonald.jpgRévélée dans “Trainspotting” de Dany Boyle en 1997, cette Ecossaise de 36 ans a déjà un beau parcours derrière elle. Elle a en effet travaillé avec Robert Altman (“Gosford Park”), les frères Coen (“No Country for Old Men”) et Bertrand Tavernier (“Dans la brume électrique”).
Happée par la télévision britannique, elle a également glané un Emmy Award en 2006 pour son rôle dans “The Girl in a Café”, mini-série signée Richard Curtis.


Aujourd'hui, le sourire doux et énigmatique de Kelly MacDonald est aussi celui de son personnage: la jeune veuve Margaret Schroeder devenue la compagne discrète du puissant Nucky Thompson (Steve Buscemi). L'actrice a trouvé dans ce rôle contrasté, de veuve irlandaise sans le sou devenue bourgeoise entretenue, l’occasion d’étancher sa soif de jouer.

En une saison, la chrysalide est en effet devenue papillon, forçant l'admiration de Nucky par sa détermination et sa finesse d'esprit. Dans cette saison 2 où les périls se multiplient, elle prend à coeur de défendre «sa famille», mais surtout l'homme qui l'a aidée et l'a définitivement mise à l'abri. Une étrange relation faite de pas mal de secrets et de silences, mais qui repose sur une totale confiance entre eux.

«Le travail avec Steve Buscemi est organique et fluide, j'aime jouer à l'instinct et c'est sa façon de travailler aussi. Les scènes les plus évidentes pour moi sont d'ailleurs celles que j'ai avec Steve Buscemi. La relation de Margaret et Nucky est vraiment basée sur la compréhension, la ressemblance et la complémentarité. Lorsque l'un est affaibli, l'autre monte au front; ils se complètent très bien sur ce plan. C'est une dynamique intéressante et plaisante à jouer. Pour être tout à fait honnête, poursuit-elle, je n'ai pas regardé tous les épisodes et, pas seulement à cause de la fatigue de ma grossesse... C'est un job très prenant durant huit mois avec le tournage, les scénarios à lire et les textes à apprendre.»

Si Kelly MacDonald avoue avoir du mal à suivre les trafics en tous genres qui gangrènent Atlantic City, en revanche, elle se sent de plus en plus attachée à son personnage.
boardwalkempire_saison2.jpg«Plus le temps passe, plus la situation devient complexe et extrême pour Margaret car les problèmes vont se multiplier pour Nucky durant cette saison. En fait, je m'inquiète vraiment pour elle et puis, avec tous ces morts qui pleuvent, on finit par devenir paranoïaque dans ce type de série.» (Elle rit) «Car contrairement à Al Capone qui a vécu jusqu'en 1947, Margaret n'est pas un personnage historique, donc tout peut lui arriver. Margaret se sent probablement nettement plus coupable que Nucky de leur façon de vivre. En même temps, elle lui offre une parfaite image de respectabilité, ce dont Nucky est tout à fait conscient.»

Un personnage riche et contradictoire: un vrai régal pour la comédienne.
«Margaret essaie de faire le bien et d'être une bonne personne, on la voit développer ce côté philanthropique dans la saison 3, mais il y a des raisons personnelles à cela aussi. Elle ne veut pas faire le bien juste pour la bonne cause, elle cherche aussi à être reconnue pour ce qu'elle fait et à gagner le respect de ses contemporains. Ses aspirations sont contradictoires, Margaret découvre aujourd'hui qu'elle a un certain pouvoir. Plus, elle en acquiert, plus elle veut en voir, c'est le côté dangereux de tout cela. Ce n'est pas une féministe à proprement parler. Ce qu'elle fait, c'est moins par compassion ou par solidarité féminine que par rapport à elle-même, à ce qu'elle veut être. C'est définitivement le type de femme qui a préparé la route pour les futures féministes.»
KT
(entretien réalisé à New York en septembre 2012)

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