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L'Amérique dans le miroir des séries

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«La télévision est le média des scénaristes et des acteurs. Bien sûr, les réalisateurs et les producteurs comptent aussi mais tout se joue dans le développement des personnages. Et quand c'est bien fait – que l'histoire est bien écrite et bien interprétée, le résultat est d'une profondeur incroyable. Parce que jour après jour, on tisse un lien avec ces personnages quel que soit le ton ou le dénouement de la série» souligne Ron Howard dans L'Amérique en prime time***. Ce documentaire en 4 parties, proposé samedi à 22h35 sur Arte, décrypte la façon dont les séries ont anticipé ou enregistré l'évolution des moeurs aux Etats-Unis. 

La force de la série est de s'attaquer au quotidien et de transposer à l'écran les problèmes que tout le monde connaît, tout en brisant un certain nombre de tabous concernant la famille, le rôle de l'homme ou de la femme, l'éducation des enfants ou les relations au sein d'une fratrie, etc. Autant de sujets que l'on voudrait vivre de façon idéale mais qui le sont rarement.

Multitude d'extraits à l'appui, l'auteur Lloyd Kramer interroge l'évolution et les grands piliers de la fiction télévisée durant ces 60 dernières années. Son documentaire en 4 parties aborde en effet la question des pères de famille (épisode 1), des femmes indépendantes (épisode 2), des modèles et personnages hors normes (épisode 3) ou de tous ces héros qui s'érigent en défenseurs de la veuve et en sauveurs du Bien commun (épisode 4).

Pour ce faire, il a interrogé ceux qui connaissent le mieux le sujet: des créateurs confirmés tels David Lynch, (Twin Peaks), Alan Ball (Six feet under, True Blood), Shawn Ryan (The Shield), Rob Reiner, Tom Fontana (Borgia), Al Jean (The Simpsons), Shonda Rhimes (Grey's anatomy), Steven Levitan (Modern Family), Vince Gilligan (Breaking Bad) et même David Chase (The Sopranos).

Acteurs et actrices de premier plan confirment leurs constats et réflexions en s'appuyant sur les personnages qu'ils ont défendus sur le petit écran ou ceux qu'ils auraient aimé jouer. On y croise donc également Felicity Huffman (Desperate Housewives), Jon Hamm (Mad Men), Alec Baldwin (30 Rock), Bill Paxton (Big Love) et Bryan Cranston (Breaking Bad). Tous proposent leur regard personnel sur l'évolution de l'image de la famille ou des héros à travers les séries. Une analyse passionnante et un régal pour les amateurs du genre, vu la qualité des intervenants...

Proposés deux par deux (ce samedi et le suivant), les deux premiers épisodes rentrent évidemment pile dans la réflexion portée par une série comme "Mad Men" ou "Desperate Housewives": celle d'homes et des femmes arrivés à un tournant de leur vie.
L'épisode 1 se penche, en effet, sur le rôle des pères de famille.
Ceux vus dans "Mad Men", "Les Soprano", "Modern Family" ou "Breaking Bad", comme leurs modèles des années 50 et suivantes: «Leave it to Beaver», «All in the family» ou «The Cosby show». Chaque série souligne, à sa manière, les transformations sociales en cours. Avec une constante, au fil des ans: la remise en cause du modèle du père, "seigneur du château aux valeurs rétrogrades", mais aussi des peurs qui continuent à traverser la société, hier, aujourd'hui ou demain.

Sans surprise, l'épisode 2 aborde le thème des femmes indépendantes dont "Desperate Housewives" fut pendant hui ans l'emblème, une position-clé qu'avaient préparé pour elles les héroïnes d' «I love Lucy», «Roseanne» ou «Sex and the city». Car sur le petit écran aussi, il a fallu attendre trente ans pour que les femmes gagnent leur indépendance.
KT

 

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