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Borgen: thriller politique passionnant

borgen1.jpgPetit rappel des faits...
Le 15 septembre 2011, le Danemark a élu pour la première fois de son Histoire une femme, Helle Thorning-Schmidt, à sa tête. Faut-il y voir la marque du succès de Borgen***, série phénomène, portée par l’actrice Sidse Babett Knudsen, très populaire au Danemark ?

Proposée en 2010, et massivement suivie par la population (1,5 millions de fidèles sur une population de 5,5 millions de Danois), cette série retraçait l’accession au pouvoir de la première femme Premier ministre du Danemark. Ce qui tendrait à prouver qu’il y a là plus qu’un heureux hasard : un véritable concours de circonstances, fruit de l’air du temps et de la maturation politique.
Nombreux sont ceux qui notaient, en 2008, que différentes séries (comme “The West Wing”, véritable modèle du genre, ou “24h Chrono”, succès impressionnant à son démarrage) avaient notamment préparé le peuple américain à l’idée d’un président “qui ne soit pas Blanc”.

En France aussi, la montée en puissance de Ségolène Royal avait inspiré les scénaristes. A mauvais escient, malheureusement, puisque le scénario de “L’Etat de grâce” (2006) s’était révélé calamiteux. Avec Les hommes de l’ombre**, France 2 a souhaité ressaisir la balle au bond avec davantage de sérieux et de profondeur, même si, dans la saison 1, la série s’égare plus sur le terrain des relations privées que sur celui de la gestion publique. Plaisante, rythmée, mieux charpentée, la série française ne tient cependant pas le choc de la confrontation avec sa grande sœur danoise, qui n’a pas de politique que le nom. Ses ambitions, “Borgen” les tient jusqu’au bout, à l’image de Birgitte Nyborg, son personnage principal jugé volontiers “idéaliste” mais, dans le fond, extrêmement déterminé et tenace.
 
D’abord considérée comme une “oie blanche” par les ténors des grands partis qui ont assisté à sa montée en puissance, Birgitte Nyborg va rapidement s’imposer au lendemain de la victoire écrasante du Parti centriste. Mais saura-t-elle garder son avance et s’imposer pour former une coalition et une équipe gouvernementale ? Peu d’hommes semblent prêts à lui reconnaître une autorité légitime pour les diriger et gouverner le pays…
 
 
Sur cette trame “classique”, Adam Price bâtit un récit qui s’intéresse aux coulisses du pouvoir. Pas tellement celui qui s’exerce sur la scène internationale – le Danemark n’est pas les Etats-Unis, ce qui limite les comparaisons avec “A la Maison-Blanche” – mais celui qui se vit en conseil de ministres et s’illustre au JT, à l’ombre du Palais royal. Inscrite dans les pas d’une femme ambitieuse et douée mais relativement novice, la série permet de découvrir ce bout d’Europe méconnu au modèle démocratique pourtant si proche du nôtre.
 
Au fil des dix épisodes, des dossiers et des crises, avérées ou feintes, le téléspectateur se familiarise avec les rites et secrets du “Château” (Borgen) surnom que les Danois donnent au siège du Parlement et aux bureaux du Premier ministre à Copenhague. Comme “The West Wing” ou la britannique “State of Play” avant elle, “Borgen” utilise les relations que le monde politique entretient avec la presse comme révélateurs des tensions psychologiques et sociales. Car plus encore que les séries précitées, “Borgen” s’attache à l’impact que l’exercice du pouvoir a sur la vie privée. Un prix souvent lourd à payer… Ce choix du réalisme et ce souci du détail sont ce qui la rapproche le plus de sa cousine anglo-saxonne.
KT
(publié le 04.02.2012)
 
La saison 1 de Borgen existe en coffret de 4 DVD distribué par Arte Editions (avec scènes coupées et commentées).
Lien permanent Catégories : Drame, Politique, Scandinavie 0 commentaire 0 commentaire

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